▎1° – 17 mai 2026
GRAN LUX
11 bis, rue de l’Égalerie
42100 Saint-Étienne
tramway T1 & T3 : arrêt place Bellevue
adhésion Coxa-Plana 2026 : 3 €
1 Déja-vu
Ronan Scoarnec
exposition
2 Micro-Musée Maria Montez
Monoquini exposition
3 Zabriskie Point
Michelangelo Antonioni
35mm
4 Voyage au bout de l’enfer
Michael Cimino 35mm
5 L’Année du dragon
Michael Cimino 35mm
6 Formes-pensées : le cinéma cosmique
de Jordan Belson > programme #1
16mm
7 Formes-pensées : le cinéma cosmique
de Jordan Belson > programme #2
16mm
8 Factory • Arthur Barron 16mm
9 Made in Alang
Émilien Leroy & Caroline Beuret
numérique
10 Feromil • concert
Aisselle • set sonore
11 Fleurs d’équinoxe • Yasujirō Ozu
35mm
12 Le Goût du saké • Yasujirō Ozu
35mm
13 Utopia • Sohrab Shahid Saless
35mm
14 Vivre sa vie •Jean-Luc Godard
16mm
15 Usine #1
W O W (Kodak) • Viktoria Schmid
Steel / StahlwerkLa Mort du rat • Richard Serra
Grève de mineurs et métallurgistes de 1947 . Jean Achard
La Reprise du travail aux usines Wonder • L. Estiez-Willemont, P. Bonneau, J. Willemont
Révolution scientifique et technique • DEFA Gruppe 67
films 16mm & 35mm
17 Mondovisions :
rencontre avec Maxime Lachaud
18 L’Amérique interdite
Romano Vanderbes 35mm
19 Cannibal Holocaust
Ruggero Deodato 35mm
20 Le Fascisme ordinaire • Mikhail Romm 16mm
21 Du Fascisme ordinaire à l’ordinaire du bourreau : autour des “Bienveillantes“ de Jonathan Littell • Tiphaine Deschamps
conférence
22 Les Années sombres
Requiem pour 500 000 • J. Bossak & W. Kazmierczak
Russian Rhapsody • Bob Clampett
Schichlegruber Doing The Lambeth walk • Charles A. Ridley
Les Dieux du stade (extrait) • Leni Riefenstahl
Les Camps de la mort • collectif 16mm
23 Henry Fonda For President
Alexander Horwath numérique
24 Il était une fois dans l’Ouest
Sergio Leone 35mm
25 PO.GO
Guillaume Laidain
concert • installation • performance
Viktoria Schmid
Richard Serra
Jean Achard
L. Estiez-Willemont, P. Bonneau, J. Willemont
DEFA Gruppe 67
films 16mm et 35mm
Peter Tscherkassky
Pascal Aubier
Gisella Lun
Zdenek Miler
Maurice Lemaître
films 16mm et 35mm
Tiphaine Deschamps
conférence
Jerzy Bossak & Waclaw Kazmierczak
Bob Clampett
Charles A. Ridley
Leni Riefenstahl
collectif
films 16mm
0
L’époque est aux pastilles vidéo. Il faut que ça scrolle, zappe, file, coure, vole. Le grand capital fait la guerre à la capacité d’attention. « Rejoignez-nous vite dans l’abîme ! » Toc toc.
Cette session 56 a tout faux. Trop de place a été faite à des films très longs, hors gabarit. Comme si prendre tout son temps devenait soudainement une chose hyper importante.
Bonnes projections.
1
DÉJÀ-VU
▎Ronan Scoarnec
Photographies noir & blanc des États-Unis à la fin du vingtième siècle et portraits dessinés d’agents immobiliers américains.
–
Ronan Scoarnec est né à Saint-Étienne. Dessinateur, photographe du dimanche, après des études aux Beaux-Arts il rejoint l’association Coxa-Plana (pilote du Gran Lux), publie La Cité des rides, Les Usines Technicolor, etc. et illustre des pochettes de disques.
Exposition accessible tout au long de la session, les jours de projection. Ouverture des portes 1 heure avant la première séance.
2
MMMM - MICRO MUSÉE MARIA MONTEZ
▎Monoquini
Maria Montez (1912-1951) était une actrice dominicaine célébrée dans les années 1940 comme la Reine du Technicolor, l’une des toutes premières stars hispaniques à Hollywood, vedette de films d’aventures exotiques produits par le studio Universal. Le cinéaste et performer Jack Smith l’a consacrée comme la représentante inégalée du Camp et en a fait son égérie. Trop tôt disparue, l’actrice sensuelle, « panthère du plaisir » aux yeux de velours, est restée vivante dans le cœur de nombre de fans. Telle cette défunte admiratrice bordelaise qui a légué à l’association Monoquini une archive phénoménale constituée d’affiches et photos originales, documents et objets divers dont un assemblage est présenté au Gran Lux.
Exposition accessible tout au long de la session, les jours de projection. Ouverture des portes 1 heure avant la première séance.
3
ZABRISKIE POINT
▎ Michelangelo Antonioni
1970 – Italie/États-Unis – 35mm Metrocolor Panavision Scope – sonore – vostfr – 1h53
scénario : Tonino Guerra, Clare Peploe, Sam Shepard, Franco Rossetti, Michelangelo Antonioni
image : Alfio Contini
décorateur : Dean Tavoularis
musique : Jerry Garcia
production : Carlo Ponti pour MGM
avec Mark Frechette, Daria Halprin, Rod Taylor…
–
Antonioni filme Los Angeles à la fin des années 1960 : contestation étudiante, racisme, violence, omniprésence policière (un « état fasciste » dira un étudiant). Faut-il faire la grève, bloquer l’université ? Oui. Comment lutter ? Par les armes ? Oui, s’il le faut.
Fuite.
Panavision.
Désert rouge.
Adam et Ève se retrouvent dans la Vallée de la mort.
S’élever dans le ciel, planer. S’aimer nus.
Sable et rochers préhistoriques, paisibles.
Circular Sun House.
Rétroaction malfaisante.
Heureusement, Antonioni a un peu de Pink Floyd et de dynamite en réserve.
Le cauchemar climatisé réduit en particules flotte dans les airs quatre cents images par seconde.
Logo MGM bleu.
ATTENTION FILM ULTRA VISUEL ET SONORE, le premier qui fut projeté au Gran Lux. Un choc.
Welcome home.
loop/
vendredi 1er mai • 22.30
dimanche 10 mai • 20.00
mercredi 13 mai • 20.00
6 €
4
VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER
▎ Michael Cimino
THE DEER HUNTER
1978 – États-Unis – 35mm Technicolor Cinemascope – vostfr – 3h02
production : EMI
avec Robert De Niro, John Cazale, John Savage, Christopher Walken, Meryl Streep, George Dzundza…
–
Une petite ville industrielle de Pennsylvanie, des ouvriers sidérurgistes, un mariage orthodoxe, une chasse au cerf et le départ pour le Vietnam.
Un rite initiatique en trois phases.
Un film ni pour, ni contre.
N’importe quelle autre guerre, aciérie, usine, communauté, cérémonie. Chasse au sanglier ou canard. Qui que nous soyons. Quelque chose de nous est sur cet écran en Cinémascope.
•
« Je n’ai jamais voulu donner l’impression que j’étais réalisateur, plutôt un clochard. Un réalisateur est un travailleur, il doit cravacher dur. Il n’est pas fait pour rester calé sur son derrière toute la journée. C’est obscène ! Chaque jour est une bataille à gagner. Chaque soir, sur le tournage de Voyage au bout de l’enfer, quand je revenais chez moi, j’étais couvert de poussière, tout ce que je pouvais penser, c’était « dormir ». Sur le film, nous étions tous des travailleurs, tous dans la même merde. et toute l’équipe comprend ça et vous aide. Les acteurs étaient très fiers de faire ce qu’ils font, de conduire les véhicules eux-mêmes, etc. J’étais à l’arrière du véhicule en train de filmer. Les acteurs n’ont pas hésité une seule seconde, moi non plus. Il ne faut plus penser aux mines ni aux serpents. » Michael Cimino
•
C’est votre dernière chance de le (re)voir en vrai, pellicule Eastman 5247, photographie hongroise de Vilmos Zsigmond.
vendredi 1er mai • 15.30
samedi 16 mai • 20.30
6 €
5
L’ANNÉE DU DRAGON
▎ Michael Cimino
YEAR OF THE DRAGON
1985 – États-Unis/Italie – 35mm Technicolor Metrocolor Fuji – sonore – vostfr – 2h14
de Michael Cimino
scénario : Oliver Stone, Michael Cimino d’après Robert Daley
image : Alex Thomson
décorateur : Wolf Kroeger
musique : David Mansfield
production : Dino De Laurentiis
avec Mickey Rourke, John Lone, Ariane Koizumi, Caroline Kava, Raymond J. Barry, Victor Wong
–
Stanley White, un vétéran du Vietnam, est un flic aux méthodes peu conventionnelles et au tempérament volcanique. Il est muté dans le quartier de Chinatown pour mettre fin à la guerre qui sévit entre plusieurs triades. Mais les triades n’existent pas !
Bienvenue à bord du quatrième et dernier grand film de Cimino. La suite de sa carrière serait la matière idéale d’un livre. Il commencerait par le corps d’un chirurgien esthétique qui flotte dans une piscine à moitié vide remplie d’épines de pin.
Baroque et classique, cette Année du dragon c’est du cinéma en veux-tu en voilà : direction artistique viscontienne, photographie (texture) de toute beauté, plans-séquences d’une fluidité rare (« J’avais les meilleurs machinistes pour cela. Vous savez, pour moi le machiniste est une pièce maîtresse de l’équipe »). Ellipses hardies au profit de l’action pure, fulgurances, un final épique hallucinatoire : du cinéma populaire au sommet de sa forme, âpre et ambigu comme la vie.
Dans la vie, on croise rarement Mickey Rourke. Avant d’entamer lui aussi une carrière d’ange déchu, il est Stanley White, incandescent.
dimanche 3 mai • 16.00
6 €
6
FORMES-PENSÉES : LE CINÉMA COSMIQUE DE JORDAN BELSON
« Les formes-pensées, les chakras et les images archétypales sont réels, ils n’existent pas seulement dans les livres. L’anima, le soi… toutes ces choses peuvent être expérimentées en profondeur, surtout lorsqu’on dépasse le niveau de l’ego. » Jordan Belson, entretien avec Paul Fillinger, 1978
Jordan Belson (1926-2011) était un artiste et cinéaste abstrait basé à San Francisco. Pendant plus de six décennies, il a créé des films sublimes, à orientation spirituelle, qualifiés de « cinéma cosmique » par le théoricien Gene Youngblood dans son livre Expanded Cinema (première édition, Dutton & Co,1970).
Ces dernières années, la succession Belson s’est lancée dans plusieurs projets de préservation, à la fois en 16mm et en numérique 4K. Raymond Foye, représentant de la succession, présentera au Gran Lux deux programmes regroupant certains des meilleurs films de Belson des années 1960 et 1970 préservés par voie photochimique, dans de nouvelles copies 16mm, tirées des internégatifs originaux de Belson et supervisées par John Klacsmann de l’Anthology Film Archives. Des images et des enregistrements audio rares de Belson compléteront cette rencontre unique avec son œuvre.
Se décrivant lui-même comme « essentiellement un artiste de l’image intérieure », Jordan Belson a étudié le yoga et la méditation toute sa vie. Ses films sont influencés par de nombreux sujets, notamment le yoga, le bouddhisme, les mandalas, l’hindouisme et le Vedanta, le mysticisme tibétain, la théosophie, l’égyptologie, l’alchimie, les phénomènes optiques et l’imagerie scientifique. Ses bandes sonores (pour la plupart des compositions originales enregistrées sur bande magnétique) sont aussi radicales et provocantes que ses images. À la fin de sa vie, il menait une existence recluse mais productive avec sa compagne Catherine Heinrich, qui continue de gérer sa succession.
Programme JORDAN BELSON #1
▎présentation de Raymond Foye
★ exclusivité Gran Lux
ALLURES
▎ 1961 - 16mm couleur - sonore - 7 min. 4 sec.
Allures était le premier film qui ouvrait réellement l’espace. Oskar Fischinger avait fait des expériences avec les dimensions spatiales mais Allures semblait être au-delà de l’espace, hors de l’espace terrien.
RE-ENTRY
▎ 1964 - 16mm couleur - sonore - 6 min.
Si au lycée l’un de vos passe-temps était de prendre de l’acide et de regarder en boucle la séquence de la « porte des étoiles » dans 2001 : l’Odyssée de l’espace, alors ce film est pour vous.
PHENOMENA
▎ 1965 - 16mm couleur - sonore - 5 min. 30 sec.
« Oups, je suis Dieu ! »
SAMADHI
▎ 1967 - 16mm couleur - sonore - 5 min. 15 sec.
L’inspiration et l’expiration de la respiration de Jordan Belson nous guident vers cette forme de contemplation, absorption, extase indienne.
MOMENTUM
▎ 1968 - 16mm couleur - sonore - 5 min. 30 sec.
Une représentation à la fois réaliste et hallucinatoire du soleil pour le film le plus serein de son auteur.
COSMOS
▎ 1969 - 16mm couleur - sonore - 5 min. 30 sec.
Un voyage abstrait au centre de la galaxie où le spectateur est pris dans son vortex spiralé et attiré vers le noyau. Drogues ou yoga ?
WORLD
▎ 1970 - 16mm couleur - sonore - 5 min. 30 sec.
La naissance d’un monde représentée comme un événement bio-astronomique.
7
FORMES-PENSÉES : LE CINÉMA COSMIQUE DE JORDAN BELSON
Programme JORDAN BELSON #2
▎présentation de Raymond Foye
★ exclusivité Gran Lux
MEDIATION
▎ 1971 - 16mm couleur - sonore - 5 min. 30 sec.
Un récit poétique et abstrait de l’expérience méditative, inspiré – selon Belson – par les paroles de trois maîtres spirituels : Yogananda, Ramakrishna et Sri Ramana Maharshi.
CHAKRA
▎ 1972 - 16mm couleur - sonore - 5 min. 30 sec.
« Dans Chakra, j’ai pu transposer l’ordre traditionnel des chakras dans un film, en commençant par le premier chakra (inférieur) et en remontant jusqu’au septième chakra (supérieur) … » Jordan Belson
LIGHT
▎ 1973 - 16mm couleur - sonore - 6 min.
C’est le dernier film pour lequel Belson a composé sa propre bande originale. Avec elle, nous traversons le spectre électromagnétique.
CYCLES
▎ 1974 - 16mm couleur - sonore - 10 min. 30 sec.
Cycles associe un film 16mm aux images du Direct Video Synthesizer de Stephen Beck. Shiva traverse une ville en flammes où les multiples conversions entre le film et la vidéo ouvrent de nouvelles portes.
MUSIC OF THE SPHERES
▎ 1977 - 16mm couleur - sonore - 9 min. 15 sec.
Totem. Tireuse optique sacrifiée dans une lave en fusion. Paradis tropical, cascade d’aurores boréales. Zumba camera.
INFINITY
▎ 1979 - 16mm couleur - sonore - 8 min. 15 sec.
Le voyage touche à son terme sur une musique de Lasos (musicien et compositeur américain d’origine grecque pionnier de la musique new age et adepte du Laserium).
8
FACTORY
▎Arthur Barron
★ exclusivité Gran Lux
1970 – États-Unis – 16mm noir et blanc – sonore – vostfr – 57 min.
image et montage : Mark Obenhaus
son : Amanda C. Pope
production : Evelyn Barron
sous-titrage : Bertrand Grimault
–
No clap. Apnée. Plans-séquences. La caméra suit un homme dans la rue puis à l’intérieur d’une usine de bijoux où il cherche sa place au milieu d’un dédale de machines, de sons et de dos courbés sur leurs tâches. Machines humaines pour un concert industriel permanent.
À la maigre paie hebdomadaire s’ajoute parfois une médaille en chocolat. Merci patron.
Ce documentaire « cinéma-vérité » n’oublie pas de laisser la parole aux ouvriers et à leurs familles. Comment vivent-ils cette monotonie écrasante ?
Un film de sous-marinier perdu, puis retrouvé il y a peu dans la cabine de projection d’un cinéma new-yorkais.
+
READY, WOOLEN AND ABLE
▎ 1960 - États-Unis - 16mm Technicolor - sonore - 6 min. de Chuck Jones scénario : Michael Maltese production : Warner Bros.
Ralph Wolf (Wile E. Coyote) et Sam Sheepdog pointent tous les jours à la Warner Bros. Le scénario est immuable : Ralph tente de voler les moutons gardés par Sam. Une routine à devenir dingue !
Chuck Jones et Michael Maltese sont deux petits génies.
samedi 2 mai • 16.30
jeudi 14 mai • 16.30
4 €
9
MADE IN ALANG
▎Émilien Leroy & Caroline Beuret
2020 – France – numérique – sonore – 39 min.
–
en présence des cinéastes
–
Situé à l’Ouest de l’Inde, Alang est l’un des plus grands sites de démolition navale. Les navires et plateformes échoués sur la plage sont découpés, désossés, démembrés. Les matériaux issus du démantèlement sont stockés, nettoyés, transformés et remis sur le marché.
Début 2019, Émilien Leroy et Caroline Beuret partent filmer et enregistrer ces chantiers de démolition indiens. À partir de cette matière, ils construisent Made In Alang, opus d’une collection de vidéos sonores portuaires > Sonata di porto Dunkerque, Gdansk, Saint-Nazaire, Annaba, Istanbul, Hamburg, Dakar, Aliaga, Rotterdam, Alang, Jakarta.
अब तक, इतने करीब।
samedi 2 mai • 18.00
4 €
10
FEROMIL
Concert / Power ambiant / Gaz mask party / Dunkerque
–
Pilule sonore à retardement ? > Silhouette mutante à trompe, arc-boutée sur un détecteur de métaux, Feromil ne cherche pas le métal, il l’explore. Il en extirpe le chant et nous y abîme. C’est beau comme un concert de baleines à bosses.
samedi 2 mai • 20.30
4 €
Pass soirée du 2 mai :
Feromil + Jordan Belson #2 + Aisselle
8 €
AISSELLE
Set sonore • Dancefloor de débauche
–
Aisselle essaie de faire du guilicore avec un séquenceur, une boîte à rythmes digitale, un clavier analogique et un échantillonneur huit pistes.
C’est bien mais cela ne nous dit pas ce qu’est le guilicore. Aisselle encore.
samedi 2 mai • 23.00
gratuit
Pass soirée du 2 mai :
Feromil + Jordan Belson #2 + Aisselle
8 €
11
FLEURS D'ÉQUINOXE
▎ Yasujirō Ozu
彼岸花
1958 – Japon – 35mm Agfa Color – sonore – vostfr – 1h58
scénario : Ton Satomi, Kôgo Noda, Yasujirō Ozu
image : Yûharu Atsuta
musique : Takanobu Saitô
production : Shizuo Yamanouchi pour la Shochiku
avec Shin Saburi, Kinuyo Tanaka, Ineko Arima, Yoshiko Kuga, Keiji Sada…
–
Il est 15h21 sur le quai de la gare de Tokyo et, alors qu’on annonce des vents violents, deux balayeurs discutent de la valse de mariages qu’ils ont vu défiler le matin.
Songe d’un mariage rêvé ? Ou comment un groupe de femmes scie insensiblement la branche du patriarcat…
C’est le premier film couleur d’Ozu. Agfa Color. C’est un événement en soi. Plus important que le premier pied sur la lune. Cette théière rouge me hante.
C’est aussi une comédie.
Comment décrire le cinéma d’Ozu sans ressembler à un éléphant dans un magasin de porcelaine d’Imari ? Les mots sont superflus. Objectif 50mm. Planète Ozu.
•
« En passant des extraits de Mizoguchi, de Kurosawa et d’Ozu, j’encense les deux premiers aux dépens du troisième, tandis que je constate qu’Ozu les écrase complètement. Une bobine d’Ozu en sandwich entre Kurosawa et Mizoguchi m’a fait comprendre son génie. »
Henri Langlois
•
« L’œuvre d’Ozu est de celles dont la découverte, même tardive, nous oblige d’une certaine façon à repenser le cinéma. Cette œuvre n’est pas de celles qui se rangent sans résistance dans les catégories qui nous permettent habituellement d’organiser le champ du cinéma. Elle n’est pas annexable, telle quelle, à quelque territoire déjà connu et décrit de notre carte mentale du cinéma. ».
Alain Bergala
dimanche 3 mai • 20:00
dimanche 17 mai • 20.00
6 €
12
LE GOÛT DU SAKÉ
▎ Yasujirō Ozu
秋刀魚の味
1962 – Japon – 35mm Agfa Color – sonore – vostfr – 1h53
scénario : Kôgo Noda, Yasujirō Ozu
image : Yûharu Atsuta
musique : Takanobu Saitô
production : Shizuo Yamanouchi pour la Shochiku
avec Chishû Ryû, Shima Iwashita, Keiji Sada, Mariko Okada, Teruo Yoshida…
–
La famille Hirayama vit tranquille et heureuse. Shuhei, expert comptable, est veuf. Un ami lui conseille de marier sa fille. Mais Michiko veut rester pour s’occuper de son père et de la maison. Une soirée très arrosée et tout bascule…
C’est le dernier film d’Ozu. Tout est à sa place, rien n’est de trop. Le film ressemble à un cours d’eau paisible. Sur le visage du génial Chishû Ryû il y a un sourire triste et gai à la fois. Vieillesse, séparation, solitude, lâcher prise… la caméra filme un Japon d’après guerre qui se pose de drôles de questions : « Et si cela avait été l’inverse ? Si le saké, le shamisen et les perruques de geisha s’étaient soudain introduits dans la banalité quotidienne des Américains ? » Whisky ou coca ? Tatami ou tabouret ? Pourquoi Tokyo semble-t-elle vidée de ses habitants ?
Yasujirō Ozu meurt le 12 décembre 1963.
Enterré à Kamakura, sa tombe ne porte que le signe « Mu », qui signifie dans le bouddhisme : « Rien ».
mercredi 6 mai • 20:00
dimanche 17 mai • 20.00
6 €
13
UTOPIA
▎ Sohrab Shahid Saless
★ exclusivité Gran Lux
1983 – Allemagne – 35mm Eastmancolor – sonore – vostfr – 3h18
scénario : Manfred Grunert, Sohrab Shahid Saless
image : Ramin Reza Molai
directeur artistique : Claus-Jürgen Pfeiffer
montage : Christel Orthmann
sous-titres : Anne Grèzes
avec Manfred Zapatka, Imke Barnstedt, Gundula Petrovska, Gabriele Fischer, Johanna Sophia, Birgit Anders…
–
Renate, Rosi, Susi, Helga et Monika « travaillent » dans un bordel ouvert depuis peu par un proxénète brutal et cynique. Nous sommes à Berlin-Ouest, non loin des bas-fonds du quartier de Bahnhof Zoo.
Ce huis-clos hypnotique et claustrophobe n’est pas sans issue. La caméra enregistre sans ciller le processus d’émancipation périlleux de ces cinq femmes.
Sohrab Shahid Saless (1944-1998) est un illustre méconnu de l’art du cinéma. Sa filmographie se déploie sur une vingtaine d’années, d’abord en Iran, puis en République Fédérale d’Allemagne. Son exploration éthique se base sur un réalisme extrêmement soigné. Ni Magritte, ni Bresson. C’est unique. Décalé et puissant. Sombre et absurde.
« Une pièce rare et magistrale à ne pas rater. » Jeanne Dielman
« Fassbinder percute Kaurismäki. »
jeudi 7 mai • 20:30
samedi 16 mai • 15.30
6 €
14
VIVRE SA VIE
▎ Jean-Luc Godard
Film en douze tableaux
1962 – France – 35mm noir et blanc projeté en 16mm – sonore – 1h20
image : Raoul Coutard
musique : Michel Legrand
production : Pierre Braunberger
avec Anna Karina, Sady Rebbot, André S. Labarthe, Guylaine Schlumberger…
–
Nana, vendeuse dans un magasin de disques à Paris, rêve de devenir actrice. Pour pouvoir payer son loyer, elle se livre à la prostitution. En douze tableaux, Godard sonde les profondeurs d’une conscience, questionne à travers l’idée d’une « vente de soi » l’ensemble des rapports sociaux et rend à sa muse un hommage saisissant.
Accoudé au zinc d’un bistrot, André S. Labarthe prévient : « On n’est pas au théâtre. »
Godard joue avec toutes les techniques du septième art : muet, parlant, voix off (lui-même lisant Poe), bouches montrées ou cachées, bruits des cafés et paroles philosophiques, passion invisible et regard caméra.
« Est-ce que penser et parler, c’est pareil ? » demande Nana. Qui sait. D’un juke-box s’échappe une chanson de Jean Ferrat :
Ma môme, elle joue pas les starlettes
Elle met pas des lunettes
de soleil
Elle pose pas pour les magazines
Elle travaille en usine
à Créteil…
+
★ exclusivité Gran Lux
PRENDRE LA PAROLE
▎ 2026 - France/Suisse - H.264 - sonore - 7 min. 50 sec. d’Alain et Wasthie Comte • musique : Klaus Nomi avec David Legrand
–
en présence des cinéastes
–
La singulière histoire de l’homme qui fut sauvé par la voix de Godard.
Un film pirate qui plonge dans les pixels noirs d’un film « Vu à la télé ».
Merci à Vincent Sorrel et Arnaud Lambert.
vendredi 15 mai • 20:30
5 €
15
USINE #1
58 minutes
W O W (Kodak)
▎ 2018 - États-Unis - vidéo sur 35mm couleur - sonore - 2 min. 35 sec. de Viktoria Schmid
Peter Sellers renoue son lacet. Les usines Kodak explosent.
STEELMILL/STAHLWERK
▎ 1979 - Allemagne - 16mm noir et blanc - sonore - vostfr - 27 min. de Richard Serra sous-titres : Bertrand Grimault
Pour les besoins d’une sculpture monumentale, Richard Serra demande l’aide des aciéries Henrichshütte (hauts fourneaux, laminoir, forge sous étendard Thyssen AG). Il interroge les ouvriers puis nous fait pénétrer dans cette cathédrale majestueuse à couper le souffle.
GRÈVE DE MINEURS ET MÉTALLURGISTES DE 1947
▎ 1947 - France - 16mm noir et blanc - muet - 7 min. 34 sec. de Jean Achard
Grève générale. Le 29 novembre, les grévistes affluent à Saint-Étienne depuis, les vallées de l’Ondaine et du Gier. Soudain de violents affrontements ont lieu à la préfecture. Le caméraman reste au cœur de la mêlée et des gaz lacrymos.
LA REPRISE DU TRAVAIL AUX USINES WONDER
▎ 1968 - France - 16mm noir et blanc - muet - 10 min. de Liane Estiez-Willemont, Pierre Bonneau, Jacques Willemont
Une ouvrière crie : « Je ne rentrerai pas, non je ne rentrerai pas », « Je ne veux plus refoutre les pieds dans cette taule dégueulasse ». Nous sommes le 9 juin 1968. Après trois semaines de grève, les ouvriers de chez Wonder viennent de voter la reprise du travail. Plan séquence. Parole directe.
RÉVOLUTION SCIENTIFIQUE ET TECHNIQUE
▎ Die Wissenschafttich technische Revolution • 1978 - RDA - 16mm couleur - sonore - vostfr - 11 min. de DEFA Gruppe 67 sous-titrage : Anne Grèzes
L’être humain capitaliste ou socialiste libéré par la science et la technique : les machines éclatent de rire.
Ce document lucide est un extrait du film Le vieux nouveau Monde d’Annelie et Andrew Thorndike, documentaristes formels et rigoureux de RDA.
vendredi 8 mai • 16.30
4 €
16
USINE #2
58 minutes
LA SORTIE DES OUVRIERS DE L’USINE LUMIÈRE À LYON
▎ 1984 - Autriche - 35mm noir et blanc - sonore - 3 min. • de Peter Tscherkassky
Les mille yeux du Docteur Tscherkassky fouillent dans les photogrammes du tout premier film de cinéma.
LA MORT DU RAT
▎ 1973 - France - 16mm noir et blanc - sonore - 6 min. • de Pascal Aubier avec Pierre Santini, Josette Barnetche, Brice Perisson
Un homme se rebiffe contre les cadences infernales du travail à la chaîne. Il est puni. Réaction en chaîne.
UKSS
▎ 2025 - France/Slovénie - 16mm noir et blanc - sonore - 3 min. • de Gisella Lun
Les ouvriers de l’Union soviétique écoutaient-ils Jean-Michel Jarre dans leurs ateliers ?
LA PETITE TAUPE ET L’ŒUF
▎ 1975 - Tchécoslovaquie - 16mm couleur - sonore - 6 min. • de Zdenek Miler
Visite d’une grosse usine d’œufs ou comment sauver un poussin de l’omelette.
UN SOIR AU CINÉMA, suivi de POUR FAIRE UN FILM
▎ 1962 - France - 16mm noir et blanc - sonore - 40 min. • de Maurice Lemaître
L’être humain capitaliste ou socialiste libéré par la science et la technique : les machines éclatent de rire.
Ce document lucide est un extrait du film Le vieux nouveau Monde d’Annelie et Andrew Thorndike, documentaristes formels et rigoureux de RDA.
jeudi 14 mai • 18.00
4 €
17
RENCONTRE AVEC MAXIME LACHAUD
▎ MONDOVISIONS
guides : Luna Baruta et Jvdm
–
Entre carnets de route, biographie à peine déguisée et recueil d’obsessions visuelles, le nouveau livre de Maxime Lachaud*, Shockroads – Des cauchemars américains aux films-rêves est surtout une plongée jouissive, à la fois documentaire et imaginaire, dans un cinéma horrifique, onirique devenu culte.
Cette enquête all over the world revient sur des lieux de tournage de films, recueille la parole de cinéastes et d’écrivains qui témoignent d’une réalité qui dépasse toujours la fiction.
On déambule dans les ruines d’anciens drive-in sous le soleil rouge du Texas, on suit des parades étranges dans les bayous, on croise des têtes réduites ou on se perd dans des parcs d’attractions à l’abandon… Tout devient flou et fantasque.
•
* Maxime est aussi le co-auteur avec Sébastien Gayraud de Mondo Movies, reflets dans un œil mort. Le candidat idéal pour présenter les deux mondo movies de ce soir.
Le cinéma mondo (en anglais mondo films, ou mondo movies) est un genre de cinéma d’exploitation caractérisé par une approche pseudo-documentaire très crue et mystificatrice.
vendredi 8 mai • 18.00
gratuit
18
L’AMÉRIQUE INTERDITE
▎ Romano Vanderbes
QUESTA E’ L’AMERICA
1977 – États-Unis – 35mm couleurs – sonore – vf – 1h37
avec Arnold Schwarzenegger, Holly Woodlawn et tous nos amis
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présentation de Maxime Lachaud
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« Toutes les scènes que vous allez voir ont été prises sur le vif. Si parfois elles vous paraitront amères, c’est que bien des choses le sont sur cette terre. Présenter la réalité en toute objectivité sans l’édulcorer est un devoir. » Mon œil.
« Le travelling est affaire de morale. » Jeff Bezos
« La violence est à l’Amérique ce que la pomme est à la tarte. » El Chuncho.
Nonnes karatékas, bacchanales disco, mariage naturiste en parachute, lavomatique seins nus, pâtisserie cochonne, millionnaire camé, maison close pour chiens, Église cocaïnomane, lobotomies ou armes dernier cri, chaise électrique en action, etc. Plus racoleur qu’une vitrine de quartier rouge, ce documentaire était en avance sur son temps. Les États-Unis d’aujourd’hui ont pulvérisé ce modèle tartuffard de cinéma-vérité. Drill, Fake news, drill. Mar-a-Lago Mondo et tapis de bombes sur fond de Macarena. W o W
Retour aux sources.
vendredi 8 mai • 20.30
6 €
ou
Pass soirée :
L’Amérique interdite + Cannibal Holocaust
10 €
19
CANNIBAL HOLOCAUST
▎ Ruggero Deodato
1980 – Italie – 16mm gonflé en 35mm couleur – sonore – vf – 1h29
image : Massimo Antonello Geleng
musique : Riz Ortolani
avec Robert Kerman, Francesca Ciardi, Perry Pirkanen, Luca Barbareschi
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présentation de Maxime Lachaud
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Le professeur Monroe est engagé pour retrouver la trace de cinéastes partis tourner un documentaire sur une légendaire tribu amazonienne. Il entame un long voyage pour reconstituer le puzzle de leur disparition… et revient avec les images filmées par les disparus. Une fois développées, elles sont confiées au projectionniste. Bienvenue dans l’enfer vert, rouge sang.
Cannibal + Holocaust = une doublette qui ne cache pas son jeu. Âme sensible, passe ton chemin.
Vrai faux snuff movie ? Effets spéciaux gore criants de réalisme ou dépeçage à l’ancienne ? Les vrais cannibales ont-ils le teint pâle ? Qui a piqué mon sandwich à la tortue ?
Ancien assistant de Roberto Rossellini, Ruggero Deodato pensait avoir trouvé la bonne formule pour nous alerter sur la violence des médias. Échec et mat. Reste un objet filmique limite souvent imité (Projet Blair Witch), jamais égalé.
Cette séance est interdite aux moins de 18 ans et aux amis de la SPA.
vendredi 8 mai • 23.00
6 €
ou
Pass soirée :
L’Amérique interdite + Cannibal Holocaust
10 €
20
LE FASCISME ORDINAIRE
▎ Mikhail Romm
1965- URSS – 16mm noir blanc – sonore – vf – 2h07
scénario : Yuri Khanyutin, Mikhail Romm, Maya Turovskaya
musique : Alemdar Karamanov
production : Mosfilm, Trete Tvorcheskoe Obedinenie
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À partir d’images d’archives souvent inédites provenant d’Allemagne de l’Est (saisies par les troupes soviétiques lors de la prise de Berlin), d’Union soviétique et de Pologne, de films amateur SS ou du ministère nazi de la propagande, ainsi que de photographies amateurs ou des archives personnelles d’Hitler, ce documentaire décortique le processus fasciste, sa « psychologie ». Comment infuse-t-il tout un peuple ?
Disciple d’Eisenstein, de Vertov ou Poudovkine, le réalisateur tire les ficelles d’un montage expressif (musical). La voix off est la sienne, singulière.
« Le fascisme ne peut pas être attribué, en dernier lieu, à l’activité démoniaque d’un petit groupe d’hommes : il ne devient efficace que lorsque des millions d’hommes simples ont besoin de cette démagogie, qu’on ne remarque plus le fascisme en tant que tel, que la croix gammée appartient au quotidien au même titre qu’un objet usuel. » M. Romm. C’est un réalisateur tout juste libéré du stalinisme qui s’exprime.
samedi 9 mai • 14.30
4 €
ou
Pass après-midi :
Le Fascisme ordinaire + conférence + Les Années sombres
6 €
21
DU FASCISME ORDINAIRE À L’ORDINAIRE DU BOURREAU : AUTOUR DES « BIENVEILLANTES » DE JONATHAN LITTELL
▎ Conférence de Tiphaine Deschamps, historienne
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Quoi de plus inquiétant que l’ordinaire ?
Après les archives, la fiction. Que peut apporter un roman à la compréhension du nazisme ? Dans son livre-monstre de 900 pages, Littell fait un choix radical : prendre pour narrateur un officier SS pour nous raconter la guerre et le génocide. Une plongée glaçante dans le cerveau d’un homme quelconque et appliqué, poli, cultivé, méthodique.
Le lecteur n’en sort évidemment pas indemne, mais éclairé sur les mécanismes idéologiques, administratifs et humains qui rendent possible l’horreur. Celle-ci se nourrit de normalité, de logique, de carrières, d’obéissance.
Une lecture inconfortable mais nécessaire. Parce que réduire le crime de masse à des « monstres » nous rassure – et nous empêche de voir les structures qui le rendent possible.
samedi 9 mai • 17.00
gratuit
22
LES ANNÉES SOMBRES
REQUIEM POUR 500 000
▎ Requiem dla 500 tysiecy • 1963 - Pologne - 16mm noir et blanc - sonore - 29 min. • de Jerzy Bossak et Waclaw Kazmierczak
Documentaire polonais conçu à partir d’authentiques documents photographiques, de bandes cinématographiques allemandes et de films privés. L’organisation du ghetto de Varsovie jusqu’à sa destruction méthodique…
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RUSSIAN RHAPSODY
▎ 1944 - États-Unis - 16mm couleur - sonore - 6 min. • de Bob Clampett
Hitler annonce à son peuple qu’il va personnellement aller a Moscou à bord d’un bombardier pour tuer Staline…
Participant à l’effort de guerre, Clampett tape sur Hitler, et il tape dur. Pour en venir à bout, il imagine de petites créatures psychédéliques, les Gremlins du Kremlin. Un bijou.
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SCHICHLEGRUBER DOING THE LAMBETH WALK
▎ 1942 - Royaume-Uni - 16mm noir et blanc - sonore - 3 min. • de Charles A. Ridley
« Lambeth Walk – Nazi Style », Hitler, ses sbires et leur volonté triomphale sont ridiculisés par la propagande anglaise. Ça ne suffira pas.
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LES DIEUX DU STADE (extrait)
▎ 1936 - Allemagne - 16mm noir et blanc - sonore - 5 min. • de Leni Riefenstahl
Vous avez raté les JO de Milan Cortina, vous ne serez pas à ceux de Los Angeles. Retour à la source : 1936, les caméras nazies inventent les nouveaux jeux du cirque.
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LES CAMPS DE LA MORT
▎ 1945 - France - 16mm - N&B - sonore - 18 min.
Ce film est composé de plusieurs reportages tournés par les correspondants de guerre français et alliés sur 8 camps de concentration situés en Allemagne libérés par les armées américaines et britanniques en mars et avril 1945 : Colditz, Langestein, Ohrdruf, Dachau, Buchenwald, Tekhla (Gardelegen), Belsen et Mittelgladbach.
samedi 9 mai • 18.00
4 €
ou
Pass après-midi :
Le Fascisme ordinaire + conférence + Les Années sombres
6 €
23
HENRY FONDA FOR PRESIDENT
▎ Alexander Horwath
★ exclusivité Gran Lux
2024 – Autriche/Allemagne – numérique – sonore – vostfr – 3h04
image et montage : Michael Palm
production : Mischief Films, Arte/Zdf, Medea Film Factory
sous-titres : Bertrand Grimault
avec Henry Fonda, Robert De Niro, Jane Fonda, Peter Fonda, Jodie Foster, Peter O’Toole, Nancy et Ronald Reagan, Sissy Spacek…
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« The United States of Fonda » est la devise de ce monument biographique et filmographique de trois heures, réalisé avec passion et brio par un fan pour un président qui n’aura jamais existé : Henry Fonda.
Après l’élection d’un autre acteur, médiocre celui-ci, Ronald Reagan, Fonda prédit que le pays allait entrer dans une période sombre qui allait durer très très longtemps. Nous y sommes.
Fonda, un homme très privé qui pensait n’avoir « aucune bonne réponse à quoi que ce soit » devient le moteur improbable d’une histoire parallèle. Sa voix, enregistrée lors de sa dernière interview en 1981, et ses incarnations à l’écran nous guident à travers le passé et le présent des États-Unis d’Amérique et de ses représentations.
Road trip. Métabiopic cinéphile. Un rêve éveillé tiraillé entre Tocqueville et Baudrillard.
Une dernière séance.
samedi 9 mai • 20.30
6 €
24
IL ÉTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST
▎ Sergio Leone
1968 – Italie/États-Unis – 35mm Technicolor Techniscope – sonore – vf – 2h46
scénario : Sergio Donati, Sergio Leone, Dario Argento, Bernardo Bertolucci, Mickey Knox
image : Tonino Delli Colli
musique : Ennio Morricone
montage : Nino Baragli
directeur artistique : Carlo Simi
production : Rafran Cinematografica, San Marco, Paramount Pictures
avec Claudia Cardinale, Henry Fonda, Jason Robards, Charles Bronson, Gabriele Ferzetti, Paolo Stoppa, Woody Strode, Jack Elam
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Il était une fois dans l’Ouest… l’arrivée du cheval de fer.
Mouche, vent, perle de sueur, éperons, clic clic, une gare. Treize minute d’attente supra-élastique dans l’antichambre d’un mythe usé jusqu’à la corde. Harmonica. Bang Bang.
Après la trilogie des dollars, Leone ne voulait plus entende parler de Western. Mais la Paramount… Alors… il change de ton, d’échelle, d’espace-temps et place Claudia Cardinale au centre de l’échiquier. Une femme vivante et des hommes tous déjà à moitié morts se disputent la terre, le passé et l’avenir.
Bleu glacial, le regard d’Henry Fonda. Le chic type est devenu une ordure. Il tue des gosses à l’ombre de Monument Valley, dans un film italien plus réaliste qu’hollywoodien.
Il y a la tour Eiffel, Venise, la muraille de Chine, le Machu Picchu, les pyramides… il y a aussi Il était une fois dans l’Ouest et quelques autres.
Les selfies sont interdits pendant la projection. Merci de votre compréhension.
dimanche 10 mai • 15.30
jeudi 14 mai • 20.30
6 €
25
PO.GO
▎ Concert-performance-installation de Guillaume Laidain
40 minutes
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Une vingtaine de ghetto-blasters et un essaim de sources lumineuses électriques s’approprient l’espace studio du Gran Lux. Sur ce ring, c’est une lutte fratricide entre Petites et Grandes Ondes.
Clignotement. L’issue apparaît, disparaît. Flash. L’orchestre de mécanique ondulatoire dévie de sa trajectoire. Bang. Une radio FM traverse le mur.
vendredi 15 mai • 20.30
5 €
ou
Pass soirée :
PO.GO + Lâche-moi les baskets pom-pom girl
8 €
26
LÂCHE-MOI LES BASKETS POM-POM GIRL
▎ Joseph Ruben
1976 – États-Unis – 35mm couleur – sonore – vf – 1h29
de Joseph Ruben
image : Stephen M. Katz
production : Marimark Productions
avec Lisa Reeves, Jennifer Ashley, Susan Player, Cheryl Smith, Robert Carradine
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Un joueur de football américain du lycée Rosedale est amoureux d’une pom-pom girl, qui sort avec un autre garçon. Un autre joueur n’arrive pas à se décider entre deux pom-pom girls. Pendant ce temps, le grand match contre le lycée Hardin approche et une guerre de farces bat son plein. Les enjeux sont de taille. Le suspense torride.
Peut-on programmer un film uniquement à cause de son titre ? Oui, la preuve. Est-ce raisonnable ? C’est en votre compagnie que nous découvrirons l’étendue du désastre. Les rumeurs d’absence de scénario, de remake auto-bronzant de La Fureur de vivre, d’influences fumeuses d’Easy Rider, ne devraient-elles pas nous alarmer ? Bien au contraire.
Et si cette suite de The Cheerleaders (1975) et préquelle du futur Malibu Beach (1978) était un chef-d’œuvre passé inaperçu ? Pensez-vous. En revanche, il est à coup sûr un moyen de briller en société : « La semaine dernière au cinéma, nous sommes allés voir Lâche-moi les baskets pom-pom girl. » Qui ne se réjouirait pas de pouvoir dire ça ?
vendredi 15 mai • 22.00
6 €
ou
Pass soirée :
PO.GO + Lâche-moi les baskets pom-pom girl
8 €
